Ethique et déontologie de la presse Sénégalaise



Les professionnels des médias ont de temps  et à divers endroits de la planète, revendiqué cette liberté sans laquelle ils ne pourraient pas accomplir convenablement leur travail .Pour l’accompagner pas  question que le pouvoir étatique intervienne, ils pensent à l’autorégulation car le journaliste n’accepte en matière d’honneur professionnel que la juridiction de ses pairs à l’exclusion de toute ingérence gouvernementale ou autre. Liberté et responsabilité seraient donc les deux versants indispensables pour le développement harmonieux des médias, le premier étant assuré par la législation d’un pays tandis que l’autre est du ressort de la profession. Telle est en cas la vision globale des codes et chartes internationaux qui ont inspirées les textes nationaux qui régissent les médias dans les pays démocratiques.

Cependant, autant la censure est contraire à l’affirmation d’une presse libre, autant les dérapages liés à un excès de liberté sont nuisibles à une presse qui se veut de qualité Et si les professionnels parlent de responsabilité ou d’autorégulation cela veut dire qu’ils reconnaissent les dégâts que pourraient causer les dérives de certains d’entre eux en usant de cette liberté .Au Sénégal, les journalistes jouissent d’une liberté leur permettant d’aborder les sujets de leur choix pour mener leurs investigations. Au nom de cette liberté, les médias ont toujours revendiqué leur rôle civique en se considérant comme des sentinelles de la démocratie. Mais, cette liberté tant louée et si salvatrice semble produire un effet des moins inattendus. Au cours de ces derniers années se sont produits pas mal de dérives et manquements manifestes aux principes éthiques et déontologiques qui sont censés régir la profession.

Car à un moment de son histoire ou le journaliste se trouve de plus en plus souvent sur le banc des accusés, sujets de critiques y compris de confrères eux-mêmes une interrogation sur ses dérives s’avère plus qu’une nécessité. Nous  nous autorisons donc une incursion dans les coulisses de ces dérives à l’éthique et à la déontologie des journalistes tout en présentant les moyens de régulation qu’ils soient internes ou externes à la profession. Mais avant tout, qu’entendre par éthique et déontologie ?

L’éthique relève le plus souvent de la morale. Selon Daniel Cornu: l’éthique est comprise comme la mise en jeu personnelle d’un ensemble de valeurs librement adoptées par un individu. Il s’agit de comportements et d’idées individuels sur lesquels la personne bâti ses relations avec les autres. L’éthique n’est donc pas une exclusivité journalistique car chacun a la sienne tout comme elle est relative à la société dans laquelle on vit. Par exemple, montrer deux personnes de même sexe s’embrasser à la télévision est entré dans les mœurs de la plupart des pays occidentaux tandis qu’ailleurs, cela pourrait relever d’une dérive non toléré par la société. L’éthique semble donc être un déterminisme : il s’agit ni plus ni moins de respecter des règles et des normes consacrées qui fondent les valeurs de la société.

Pour le journaliste le respect de l’éthique se fait en fonction de plusieurs paramètres. Doit-il par exemple relater une information même si elle est vraie, si celle-ci n’a d’autre but que de jeter en pâture la personne ou l’institution qu’elle concerne ? Doit-il utiliser un langage cru pour faire part des frasques sexuelles d’un politique ou celui qui convient à une société pudique et conservatrice. C’est un choix qui repose sur un déterminisme individuel qui justifie le choix de dire ou de taire, mais surtout de trouver une manière d’informer sans heurter la société dans ses valeurs fondamentales. Il ne s’agit ni de censure ni de d’autocensure seulement de juste mesure à respecter note Mouhamadou Tidiane Kassé ancien rédacteur en chef du quotidien Walfadjiri

Si l’éthique relève de la  sphère privée, la déontologie elle est du domaine public. Elle l’affaire des professionnels. Selon Alexandre civard Racinais elle représente un ensemble de règles qui régissent la conduite du journaliste à l’égard de ses confrères, de son public de la société .Elle apparaît comme un recueil de prescriptions et même de devoirs (déonto c’est-à-dire en grec devoir).Ces prescriptions sont souvent rassemblées dans un code ou charte. Elles définissent des comportements concrets ou des conduites à suivre par  exemple la nécessité de vérifier et de recouper les informations .Ces comportements constituent des exigences ou des normes à la fois codifiées générales et minimales des lignes rouges à ne pas franchir. 

La déontologie vient compléter l’éthique en ce sens qu’elles posent des règles morales identifiées à la profession .Le journaliste est tenu de respecter dans recherche et la diffusion de l’information. Pour autant, l’énonciation de ces règles professionnelles ne regarde pas que les seuls journalistes. La déontologie est en fait un moyen de régulation en plus de la loi elle encadre la pratique du journalisme et s’inscrit ainsi dans l’affirmation de la responsabilité sociale des médias. Elle œuvre pour l’amélioration de la presse enfin que celle-ci recouvre ou maintienne la confiance que lui accorde le public.

Source :Internet/google

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